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Nous n’avions pas organisé de Brevet Randonneur
supérieur à 200 km depuis les brevets qualificatif pour le PBP de 2007. Ce fut
donc comme une répétition avant
l’année prochaine et le BRM 1000 km de ce mois de juillet. Le parcours
est superbe, nous n’avions donc aucune raison de le
changer ; sauf que cette année l’heure de départ sera retardée comme le désirait Thierry Miton,
Président de l’A.C.P à fin que chaque participant passe une nuit complète sur le vélo. Un départ à 17
heures cela change beaucoup de choses, surtout pour les moins rapides. Les conditions sont
bonnes, sauf qu’il fait chaud : plus de 30°c ! Ils sont 35 inscrits, mais ne seront que 32 à
prendre le départ, un départ groupé pour que les groupes se forment en fonction des niveaux. Avec Philippe
nous avons pris le soin de mettre quelques flèches au départ et à l’arrivée pour que les randonneurs ne
s’égarent pas et soient mis sur la bonne route. Evidement il en fallait un
qui se goure d’entrée ! Madjid, un futur randonneur, aujourd’hui c’est son premier
BRM et il est parti comme un chien fou sans voir les flèches. Il finira par rejoindre un
petit groupe puis un deuxième qu’il finira par lâcher rapidement. En remontant les concurrents
pour aller au premier contrôle de Conty nous le
verrons seul sur la route, nous faisant un geste amical de la main. De deux
choses l’une, ou il est très fort ou complètement inconscient de
la difficulté que représente ce type de brevet longue distance. L’important est d’arriver
dans les délais appartis, et qui va piano a plus de chance d’arriver. La
veille, il n’était pas sûr de venir, il avait peur. Peur de la nuit, peur d’être en galère, peur de ne
pas finir… Je le convaincs de venir. Bref nous étions inquiets pour lui car aujourd’hui
il n’y aurait pas de voiture balai, le
savait-il ? Quelques kilomètres avant d’arriver à Conty pour le
premier contrôle, nous dépasserons le groupe de tête qui n’a pas l’air
de s’amuser, ça roule vite, à 28km/h de moyenne malgré les quelques faux plats
depuis le départ! A l’entrée de la ville nous installerons le point de
contrôle. Les jerricans d’eau emportés serviront à remplir les bidons des cyclos jusqu’à la
nuit. Cela permettra à chacun de pouvoir s’hydrater correctement. A cette heure les cafés
sont fermés et les volets clos dans les villages traversés. Evidement les écarts sont
énormes entre chaque groupe constitué. De ce fait nous attendrons l’ensemble des
randonneurs et préviendrons les premiers qu’ils auront peu de chance de nous voir à Crécy en
Ponthieu pour le deuxième contrôle km 154, où j’ai décidé d’aller. Les
gendarmes viennent se renseigner, fort heureusement nous n’avons pas encore
sorti les Leffe de la glacière ! Fred. Benoist « Patitrotte »
arrivera quelques minutes plus tard sur sa patinette de course, avant les
derniers vélos partis de Mours. Il est dans les temps, tout va bien.
D’autres, comme Véronique D. de U.S.Cergy sont des néophytes. Elle
vient faire l’expérience de rouler de nuit, continuera tant qu’elle pourra, mais
n’a pas l’intention de rallier l’arrivée. Dommage, car elle est en bonne
compagnie. Cela
vaut mieux pour elle. Soudain elle me tend sa pompe H.S, un élément essentiel
dans
l’équipement du cycliste. « Mon ami Madjid » est quand
à lui passé une demie heure avant, cette
fois accompagné de deux routards chevronnés. _ « Madjid, si tu veux
réussir ton brevet et
apprendre, reste avec eux et tout ira bien pour toi ». Nous plions bagages, il est 22h20. Fermeture prévue
du contrôle à 22h48. Nous remonterons une deuxième fois la file des
randonneurs, du moins jusqu’au deuxième groupe de tête. Le premier aura toutes
les chances de pouvoir pointer à Crécy en Ponthieu. La nuit est tombée, mais il fait encore chaud. Peu
de monde sur ces routes étroites de campagne que seule anime la lueur des phares de
vélo. Le tracé est simple, c’est toujours tout droit. Montagne porte bien son
nom, véronique D. et ses compagnons de route sont à l’ouvrage. D’autres encore devant,
puis Ailly le Haut clocher, quelques pavés et le raidillon qui calme l’allure
des plus forts, nous arriverons bientôt au point de contrôle de Crécy en Ponthieu.
Nous nous installerons devant l’hôtel restaurant de la Maye. Le patron est sympa, il se rappelle
encore du BRM 400 km que nous avions organisé en 2007 pour le PBP. 200 randonneurs de passage à nourrir
sur le coup laissent forcément quelques souvenirs. Il nous remplira d’eau nos jerricans
pratiquement vides. Les Groupes arrivent, quelques pates de fruit, du pain
d’épices et le remplissage des bidons, il ne
reste plus qu’à leur souhaiter bonne route. IL est au environ de 1H30 lorsque nous voyons
arriver, un, puis deux, un quart d’heure plus tard, et Madjid … voulant
stopper là son expérience de néo-randonneur ! Cuit, il l’était comme les autres, les muscles durs comme
les autres et le moral forcément moins bien que les autres. Il n’était pas question pour
moi de faire office de voiture balai. Dans ce genre d’aventure nous subissons tous des
moments de détresse et de découragement, nous savons aussi que quelques temps après la
machine peu repartir si nous restons prudents mais aussi courageux et déterminés pour
continuer. Madjid à la chance d’avoir avec lui l’un des deux cyclos expérimentés qui va le
coacher jusqu’à l’arrivée à Mours. Il est
largement dans les délais, il n’a donc aucune raison d’abandonner si tôt. Un autre cyclo est arrivé, il va ingurgiter un plat
de pâtes sur les marches de l’hôtel. La pause durera plus d’un quart
d’heure, puis repart. Soudain
mon téléphone sonne, le patineur randonneur est dans le décor,
choqué sa voix hésitante me laisse craindre le pire. Petits bobos ou
pas, de toute façon, sans
éclairage à l’avant c’est l’abandon ! « Madjid semble très déçu de
ne pas pouvoir monter dans
« l’ambulance ». Il est 2h00 du matin, cette fois il y a urgence,
nous repartons vers
ST riquier, puis continuions en
direction d’Ailly le haut Clocher, et toujours pas
de patinette en vue. Pas facile de se repérer dans la nuit, le portable capte
difficilement. Enfin
le voilà ! Plus choqué que meurtri, son engin intact, nous le ramènerons
jusqu’à Mours, où l’attend son épouse. Si nous
n’avions pas été si près, cela aurait pu être encore plus galère
pour lui et surtout son épouse qu’il avait réveillée en pleine nuit,
contrainte de se taper 400 km A.R pour récupérer son chéri ! La
femme est bien l’avenir de l’homme, jusqu’à quand ? Le premier randonneur arriva le lendemain
matin à 9h43. Véronique D. s’arrêta comme prévu à Aumale.
Madjid pourra remercier ses coachs de
l’avoir emmené jusqu’au bout. A l’arrivée c’était lui le plus
frais ! Jean-Michel 28/06/2010 |